Ce livre fut publié par Roger Vigneron, en 1993,
Roger Vigneron a fait carrière comme reporter
Dans bien des domaines, le livre de Roger Vigneron bouscule les idées reçues, et appelle à une sérieuse réflexion ...
Roger Vigneron a fait carrière comme reporter
Dans bien des domaines, le livre de Roger Vigneron bouscule les idées reçues, et appelle à une sérieuse réflexion ...
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Sur la pochette arrière il est écrit
ELOHIM
Roger Vigneron a fait carrière dans
la presse écrite, et c'est donc avec l'expérience d'un reporter qu'il
ouvre un important dossier d'information sur ELOHIM, l'entité centrale
de la Bible. Moderne Candide, résolument libre, objectif et réaliste,
il explore les quatorze principales traductions françaises actuelles de
la bible, et les textes originaux, en posant certaines questions.Le livre de Roger Vigneron n'est pas " religieux ". L'enquête qu'il y mène se lit comme un roman policier. Son humour est décapant, la clarté de son style, ses déductions logiques font découvrir, dans une sélection de versets assez fantastiques, des données surprenantes. Venues du fond des âges, ces données ouvrent des perspectives insoupçonnées. Dans bien des domaines, le livre de Roger Vigneron bouscule les idées reçues, et appelle à une sérieuse réflexion. |
Extrait du livre "ELOHIM une autre lecture de la bible"
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Autres extraits
du livre "ELOHIM une autre lecture de la bible"
Le mot hébreu qui nomme l’entité première de la Bible est composé de cinq lettres: aleph, lamed, hé, yod, mem. Après interversion du sens de lecture et transcription en caractères latins, cela donne: ALHIM.
Du V au Xe siècle après Jésus-Christ, les Massorètes (des rabbins dépositaires de la tradition ancestrale) ont ajouté, au texte hébreu de la Bible, qui est dépourvu de voyelles, les ponctuations qui en permettent. Depuis lors, la vocalisation standard. C’est ainsi que, dans le système massorétique, ALHIM se prononce ELOHIM. Cette prononciation-là est retenue par la langue française tant écrite que parlée. Elle colle parfaitement à l’hébreu. Le mot ALHIM est formé du radical ALH et du suffixe IM. Le radical ALH se prononce ELOHA, et se contracte dans la forme EL. En hébreu, le suffixe IM marque toujours le pluriel. Le mot ELOHIM est très précisément le pluriel du mot ELOHA, simplifié dans le mot EL. Structurellement ELOHIM signifie donc “les ELOHA” ou “les EL “. Mais, en hébreu, on ne dit ni “les ELOHA” ni “les EL “, 0n dit tout simplement ELOHLM. C’est si vrai que si l’on dit, en français, “les ELOHIM “, 0n s’offre un pléonasme... qui a au moins le mérite de souligner le sens que le mot possède en lui-même.
Nous voici donc en présence d’un pluriel qui est incontournable. Ce pluriel n’est pas le fruit de quelque divagation ésotérique plus ou moins sulfureuse. Il est rigoureusement exact, en pleine pâte de l’hébreu, et il est ouvertement connu. Le” Dictionnaire Larousse” (édition de 1965 en trois volumes), pour ne citer que cet ouvrage tout à fait impartial, mentionne clairement:” Elohim, mot hébreu (...) pluriel de el ou eloha... “Ce pluriel est connu, depuis toujours, par tous ceux qui ont bien voulu prendre l’hébreu en considération. Mais ce pluriel n’est pas accepté. Il dérange. Il entraîne trop loin au goût de certains. Il est écarté, dans la grosse majorité des traductions, parce qu’il est incompatible avec le concept de monothéisme que l’on prétend tirer de la Bible. ELOHA, EL et ELOHIM sont évacués ensemble au profit de DIEU. On se débarrasse du problème en feignant de l’ignorer, et 0n conduit les lecteurs des traductions ainsi édulcorées dans l’ignorance. Le problème, c’est qu’on ne voit pas comment la Bible pourrait inventer le monothéisme en présentant, en son centre, une entité composée de plusieurs individualités, et même (bus le vérifierons) d’une multitude d’individualités. Cherchez l’erreur! Il y a, là, vraiment, un gros écueil...
Essayons, posément, d’aborder la question, en traçant un schéma, qui résulte d’une étude serrée de la Bible, et qui se confirme dans celle-ci, comme nous le constaterons. ELOHIM est un système complexe. Ce système est uni groupe d’individualités. Chacune de ces individualités, prise séparément, se nomme ELOHÂ ou EL. L’ensemble nommé ELOHIM constitue, lui-même, une unité caractérisée (une personne morale) dont les actes se conjuguent au singulier, comme 0n le voit souvent dans la Bible, à commencer par le Elohim créa... “du début de la Genèse. Chaque individualité (ELOHA ou EL) est étroitement solidaire de chacune des autres e particulier, et de tous les autres ensembles (ELOHIM). Il y a connivence totale, à tous les niveaux. Au sein d’ELOHIM, chaque ELOHA-EL a une origine, une nature, des moyens, des buts, une destinée identiques à ceux de l’ensemble. Il exprime, représente et engage l’ensemble, au point d’être souvent identifié à lui. C’est l’imité dans la multiplicité, et la démultiplication de l’unité. Toutes proportions gardées, c’est la France et les Français. A cette différence que, dans le système ELOHA-EL-ELOHIM, la cohésion semble sans failles...
Un ELOHA, un EL, dit le chœur des idées reçues, c’est un “dieu “(avec une minuscule), et ELOHIM, c’est” Dieu” (avec une majuscule). Dans son assimilation hâtive du contenu de la Bible abaissé au niveau de la mythologie, le chœur des idées reçues veut se tirer d’embarras. Mais il omet de préciser ce qui distingue un (petit) dieu du (grand) Dieu. Il ne dit pas davantage comment il passe, des (petits) dieux pris dans leur ensemble, au (grand) Dieu unique... Allons Il faut chercher ailleurs.
Les étymologistes ont observé que, dans le creuset indo-européen des langues, où l’hébreu a puisé une part de sa substance, une voyelle suivie de la lettre” L “indiquait l’objet éloigilé ou l’être situé à l’écart, voire à distance. Sur cette base, bien plus tard, le latin ILLE devint notre pronom de la troisième personne IL, et dévia, par le latin ALTER vers AUTRE, et par ULTRA vers OUTRE. Cette troisième personne - qui est L’AUTRE - se confond au MOI, qui s’affirme par le JE, et au TOI que l’on aborde par le TU.
Le MOI et le TOI ont des relations directes. Ils distinguent, et excluent presque, l’AUTRE, qui ne se situe pas d’emblée dans le cercle de ces relations, parce qu’il est lointain ou/et différent. Si l’on remonte cette piste, ELOHA-EL, c’est L’AUTRE, et, par conséquent, intrinsèquement, ELOHIM, c’est LES AUTRES. Autrement dit, à une époque extrêmement reculée, les hommes 0nt constaté la présence, sur la Terre, d’une espèce d’êtres qui, pour eux, étaient LES AUTRES. Et c’est alors que les Hébreux ont commencé d’élaborer la Bible, récit de l’expérience privilégiée qu’ils ont eu avec LES AUTRES. Avec ELOHIM... C’est une première réponse à la question: d’où vient la Bible?
(extrait du livre de roger vigneron)
Pour tenter de décrypter l'histoire des Elohim, il me semble que les travaux d'Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman ("La Bible dévoilée") peuvent apporter des éléments de réponse tout à fait intéressant. D'après leurs recherches archéologiques, Yahvé et Elohim étaient des dieux totémiques différents et en compétition il y a environ 3000 ans sur le territoire de Canaan (entre les tribus du nord et celles du Sud).
Elohim est donc le nom, d’abord générique, par lequel les premiers Hébreux désignent l’entité complexe qui les prend à parti, et dont ils vont noter les manifestations, pour en transmettre la mémoire. Un jour - et c’est précisément l’une de ces manifestations -cette entité leur fait connaître leur nom spécifique. C’est une mise au point: - Vous m’appelez Elohim. Soit. Mais sachez que, moi, je me nomme IHVH (Yahvé), et que ce nom indique mieux ma nature. La révélation du nom IHVH intervient assez tard dans la chronologie biblique. douze à treize siècles avant Jésus-Christ, croit-on. Elle est relatée (au chapitre III du Livre de l’Exode) dans l’épisode célèbre du buisson ardent, au cous duquel Moïse reçoit la mission de retourner e Egypte, pour délivrer le peuple hébreu, et le mettre e marche vers la terre qui lui est promise. La scène se passe en plein désert. Lisons-là dans la version Chouraqui, qui serre le texte original hébreu au plus près. Moïse garde un troupeau “au mont de l’Elohîm, au Horeb “. Notons que cet endroit où, d’après la Bible, rien n’y s’est encore produit, est déjà connu, 0n e sait pourquoi, comme étant” le mont de l’Elohîm “... Tout à coup, Moïse voit in “roncier “qui brûle sans se consumer. De nos jours, personne ne s’étonnerait d’un dispositif publicitaire au néon, fût-il isolé en rase campagne. Mais peut-être le bosquet du mont de l’Elohim était-il illuminé par autre chose qu’une puissante batterie de lampes électriques... Moïse ne connaît pas d’autre éclairage que celui du feu, et pas d’autre feu que celui qui brûle. Intrigué par le “prodige “, il s’approche. Et, du sein de la lumière aveuglante, il entend unie voix qui l’interpelle, qui lui interdit d’approcher davantage, et qui se présente : “Moi-même, l’Elohîm de ton père, l’Elohîm d’Abraham, l’Elohîm d’ls’hac, l’Elohîm de Ia’acob! “, avant de l’envoyer affronter la redoutable puissance de Pharaon. Moïse est perplexe. Voyons cet Elohim dont les Hébreux ont gardé le souvenir ne leur a plus donné signe de vie depuis quatre cents ans, depuis les événements relatés, pour nous, à la fin du Livre de la Genèse. Comment savoir si la voix qui sort du roncier est bien celle de l’ancien Elohim? Moïse demande, à son mystérieux interlocuteur, de s’identifier d’une façon plus précise, afin que les Hébreux, qu’il devra convaincre de le suivre, reconnaissent celui qui l’envoie. Et c’est là (Exode III - 14, 15) que s’inscrit la révélation déterminante:
“Elohîm dit à Moshè: Ehiè asher èhiè I - Je serai qui je serai. Il dit: “Ainsi diras-tu aux Bénéi Israiil: ‘Je serai, Ehiè, m ‘a envoyé vers vous ‘. “Elohîm dit encore à Moshè: “Tu diras ainsi aux Bénéi Israiil: ‘IHVH (surchargé Adonai), l’Elohîm de vos pères, l’Elohîm d’Abrahâm, l’Elohîm d’ls’hac et l’Elohîm de la ‘acob, m ‘a envoyé vers vous ‘. Voilà mon nom en pérennité, voilà ma mémoration de cycle en cycle. “.
Treize versions françaises se livrent, sur le nom révélé, à un festival de lapalissades surréalistes ou existentielles: “Je suis celui qui suis “(Crampon, Jérusalem, Scofield), la même chose, mais en capitales (Ostervald, Darby, Maredsous), “Je suis qui je suis! (Osty, Dhorme), “Je suis celui qui dit:JE SUIS “(Synodale), “Je suis celui qui est “(Segond), “Je me révélerai être ce que je me révélerai être “(Monde nouveau - En capitales), “Je suis qui je serai “(T.O.B.), “Je suis l’Etre invariable “(Kalin).
On doute que Moïse, et les Hébreux après lui, se soient contentés d’une réponse désinvolte, et on doute que l’entité Elohim s’y soit abaissée. En réalité, le nom que se donne Elohim est notre verbe ETRE, en hébreu HAYAH, conjugué au futur : EHIE, je serai, puis IHVH, il sera. Cette forme de projection dans le futur peut surprendre. Mais il faut savoir que la pensée hébraïque ne fonctionne pas comme la nôtre. Pour décomposer le temps, nous avons hérité, des grecs et des latins, la formule linéaire passé-présent-avenir. La pensée hébraïque ne distingue que ce qui est terminé, achevé, et ce qui reste à faire ou à finir, le tout étant simultanément PRESENT. Ainsi, lorsque Elohim dit “Je serai “signifie-t-il à Moïse que, tel il était pour Abraham, Isaac et Jacob des centaines d’années auparavant, tel il est resté maintenant, et tel il demeurera dans l’avenir. C’est l’affirmation d’une reprise dans la continuité l’aventure déjà ancienne des Hébreux avec Elohim va se poursuivre.
La version Kalin dit, fort pertinemment, que le nom que se donne Elohim sera son “attribut dans tous les âges “. L’attribut complète le nom. Le tétragramme IHVH (yod, hé, vav, hé) ne peut être dissocié du nom Elohim, même s’il est cité seul. C’est son principal qualificatif. Il en découle, incidemment, que tout ce qui concerne et caractérise Elohim, notamment la pluralité, appartient à IHVH” continuité d’Elohim
Le tétragramme IHVH situe donc Elohim dans l’invariabilité, la permanence et, dit-on, l’éternité. Le mot ETERNITE est entré dans la langue française au xiie siècle, et l’adjectif ETERNEL au XVIe siècle seulement (c’est une invention très tardive), par le latin AEVUS, durée, AETAS, durée de la vie, AETERNUS et AETERNITAS, qui dure toute la vie. Leur sens s’est étendu, par la suite, à un concept absolu ce qui n’a ni commencement ni fin. Un défi à la pensée Moyennant quoi, depuis le mouvement de la Réforme, certains traducteurs ont fait, de l’adjectif ETERNEL, un substantif qui, se substituant à IHVH, désigne, dans leur esprit, DIEU. La Bible, pour sa part, ignore, dans son texte original, les mots ETERNITE et ETERNEL. Elle a des formulations, AD OLAM, la durée qui vient, et AHAR, ce qui vient après, que Kalin traduit par “tous les âges “, et Chouraqui par “pérennité “. Or, PERENNITE vient du latin ANNUS, aimée, et de PERENNIS, qui dure toute l’aimée. Le sens de ce mot s’est plus tard étendu à” qui dure longtemps, ou toujours “, TOUJOURS, c’est-à-dire tous les jours. La discussion sur une différence entre PERENNITE et ETERNITE est-elle une vaine finasserie ? Voire... Et l’adjectif ETERNEL, devenu substantif, peut-il valablement prendre la place de IHVH ? Là-dessus les traducteurs sont partagés. Il y a ceux, en majorité d’inspiration protestante, qui font de 1 ‘ETERNITE et de 1 ‘ETERNEL une forteresse linguistique, conceptuelle et religieuse dans laquelle se barricadent la pensée, la raison et la foi ; et il y a les autres, aussi nombreux, qui restent ouverts à l’aventure de l’esprit que leur propose la vraie Bible.
