« N’EST SCIENTIFIQUE QUE CE QUI EST RERODUCTIBLE, OBSERVABLE ET MESURABLE »
- Or, la théorie de l’évolution n’est
- ni reproductible
- ni observable
- elle n'est mesurable que sur la bse du postulat qu'elle eerait exacte (je pense aux distances génétiques [[ par exemple 2 génomes d'espèces connues pour être effectivement différentes]], en rapport avec la phylogénie suggérée par la théorie de l'évolution ;
- la création de la vie en laboratoire, elle, est
- reproductible, par définition,
- elle est mesurable puisque basée exclusivement sur des protocles
scientifiques, ceux de la "biogénèse" ou "biologie synthétique"
- elle est observable depuis le 21 mai 2010 , date de la création d'un génôme de mycoplasme artificiel par Craig Venter (lire)
- reproductible, par définition,
Le Théorème de Cox-Jaynes contredit l'évolutionnisme
Enoncé : (source : wikipedia)
Le Théorème de Cox-Jaynes (1946), dû dans sa version originale au physicien Richard Cox, est une dérivation des lois de la théorie des probabilités à partir d'un certain ensemble de postulats. Cette dérivation justifie une interprétation « logique » des probabilités indépendante de celle de fréquence. Elle fournit également les bases rationnelles du mécanisme d'induction logique, et donc de l'apprentissage par des machines.
Problèmes de validité de la démarche inductive avant Cox
Réserves de Bertrand Russell
Dans le chapitre « La science est-elle superstitieuse ? » de son ouvrage Science et religion, Bertrand Russell énonce le problème - il ose même le mot de scandale - posé par l'induction : · Au nom de quoi généraliser que ce qui a été vérifié dans un nombre limité de cas se vérifiera aussi dans les cas qui n'ont pas été testés ?
· Au nom de quoi supposer, même sur ce qui a été mesuré, que ce qui a été vrai hier le sera toujours demain ?
Paradoxe de Hempel,dit de l'ornithologie en chambre.
Énoncé
Si je dis « Tous les corbeaux sont noirs », cette phrase est logiquement équivalente à « Tous les objets non-noirs sont des non-corbeaux ». Pour renforcer par un processus d'induction ma conviction que « Tous les objets non-noirs sont des non-corbeaux », je peux fort bien rester dans ma chambre, y trouver dix mille objets non noirs, et vérifier que ce sont bien tous des non-corbeaux. Une loi qui se vérifie sur dix mille observations sans la moindre exception est certainement valide, n'est-ce pas ?
Réfutation du paradoxe, et démonstration
Pour commencer, et pour simplifier, nous supposerons dans cet article que tous les corbeaux sont noirs, sans exception.
En fait, il vaut mieux sortir de sa chambre pour montrer que tous les corbeaux sont noirs. Pour le démontrer, il faut utiliser le théorème de Bayes.
Appelons T la théorie, et X un exemple pratique confirmant la théorie. La question est de savoir si X permet de rendre T plus probable.
* Dans le système au grand air, T est la proposition: tous les corbeaux sont noirs.
Et X la proposition: J'ai trouvé un corbeau, et il est noir.
* Dans le système en chambre, T est la proposition: Tous les non-noirs sont non-corbeaux.
Et X la proposition. J'ai trouvé un objet non-noir, et non-corbeau (par exemple une plante verte).
Dans ces deux systèmes, en appliquant le théorème de Bayes:
P(T|X) = P(X|T) x frac{P(T)}/{P(X)}
P(X|T) =, 1
car si la théorie est vraie, alors un cas particulier donné vérifie certainement la théorie.
Donc:
P(T|X) = P(T) x frac{1}/{P(X)}
- Dans le système "au grand air", P(X) est la probabilité a priori qu'un corbeau soit noir. Si on ignore tout a priori des corbeaux, elle est faible, car de nombreuses autres couleurs sont possibles.
- Dans le système "en chambre", P(X) est la probabilité qu'un objet non-noir sont non-corbeau. C'est presque une certitude, car la plupart des objets du monde ne sont pas des corbeaux.
- Par conséquent, dans le système au grand air,
Alors que dans le système en chambre,
P(T|X) #approx# P(T)
La seule façon d'être de rendre la théorie que tous les corbeaux sont noirs plus probable est de sortir. Rester chez soi et regarder sa plante verte permet, étrangement, de rendre la théorie plus probable, mais la progression est infime.
Les « desiderata » (axiomes)
Cox cherche à poser les desiderata souhaitables pour un robot qui raisonnerait selon une logique inductive :
Les degrés de plausibilité sont représentés par des nombres réels · Il faut bien en effet pouvoir à tout moment dire de deux plausibilités laquelle est plus grande que l'autre, ce qui suggère une représentation quantitative, et la forme numérique semble commode.
· Une représentation entière poserait un problème de bruit discret, aucune plausibilité ne pouvant se glisser entre deux représentées par des entiers successifs.
· Des rationnels conviendraient certes, mais si tous les réels ne sont pas des rationnels, tous les rationnels sont en revanche bien des réels.
Conventions préalables
La convention adoptée, arbitrairement, est que des plausibilités plus grandes seront représentées par des nombres plus grands.
Les règles d'inférence ne doivent pas contredire les règles d'inférence communes. En d'autres termes, ce qui nous paraît évident ne doit pas être contredit par le modèle (à la différence de ce qui se passe avec le paradoxe de Condorcet).
Exemple :
· si A est préférable à B,
· et B préférable à C,
· toutes choses égales par ailleurs et en l'absence de B, A doit être préféré à C.
Règle de cohérence
Si une conclusion peut être obtenue par plus d'un moyen, alors tous ces moyens doivent bien donner le même résultat.
Règle d'honnêteté
Le robot doit toujours prendre en compte la totalité de l'information qui lui est fournie. Il ne doit pas ignorer délibérément une partie d'entre elles et fonder ses conclusions sur le reste. En d'autres termes, le robot doit être totalement non idéologique, neutre de point de vue.
Règle de reproductibilité
Le robot représente des états de connaissance équivalents par des plausibilités équivalentes. Si deux problèmes sont identiques à un simple étiquetage de propositions près, le robot doit assigner les mêmes plausibilités dans les deux cas.
Ce théorème prouve que l'évolutionnisme est une théorie fausse...
Source : Wikipédia
Les théorèmes d'incomplétude de Gödel sont deux théorèmes célèbres de logique mathématique, prouvés par Kurt Gödel en 1931 dans son article Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme (Sur l'indécidabilité formelle des "Principia Mathematica" et des systèmes apparentés).
Sommaire
1 Enoncés des deux théorèmes
@ - 1.1 Les conditions d'application des théorèmeso
@ - 1.2 Conséquences immédiates du premier théorème d'incomplétude
@ - 1.3 Conséquences immédiates du second théorème d'incomplétude·
2 La relativité de l'indécidabilité des énoncés·
3 Des exemples de systèmes incomplets et d'indécidables·
4 La mise en cause du mouvement formaliste·
5 Le théorème d'incomplétude en philosophie·
6 Une preuve partielle du premier théorème d'incomplétude·
7 Argument de la preuve et discussion du second théorème d'incomplétude·
8 Sources·
Enoncés des deux théorèmes
Le premier théorème d'incomplétude peut être énoncé de la façon un peu approximative suivante.
Dans n'importe quelle théorie récursivement axiomatisable, cohérente et
capable de "formaliser l'arithmétique", on peut construire un énoncé
arithmétique qui ne peut être ni prouvée ni réfutée dans cette théorie.
De tels énoncés sont dits indécidables dans cette théorie. Toujours dans l'article de 1931, Gödel en déduit le second théorème d'incomplétude :
Si T est une théorie cohérente qui satisfait des hypothèses analogues,
la cohérence de T, qui peut s'exprimer dans la théorie T, n'est pas
démontrable dans T.
Ces deux théorèmes ont été prouvés pour l'arithmétique de Peano, et
donc pour les théories plus fortes que celle-ci, en particulier les
théories destinées à fonder les mathématiques, telles que la théorie
des ensembles, ou les Principia Mathematica ...
Les conditions d'application des théorèmes
Pour fixer les idées, on considère dorénavant que les théories en
question sont des théories du premier ordre de la logique classique, même
si les théorèmes d'incomplétude restent valides, sous les mêmes
conditions, par exemple en logique intuitionniste ou en passant à
l'ordre supérieur.
· Par théorie récursivement axiomatisable, on
entend que la théorie peut être axiomatisée de façon qu'il soit
possible de reconnaître de façon purement mécanique les axiomes parmi
les énoncés du langage de la théorie. C'est le cas évidemment des
théories utilisées pour formaliser tout ou partie des mathématiques
usuelles.
· Une théorie est cohérente si aucune contradiction ne peut être
prouvée à partir de ses axiomes. On dit aussi qu'elle est consistante,
ou non-contradictoire. Pour le premier théorème d'incomplétude, Gödel
faisait une hypothèse de cohérence un peu plus forte. L'hypothèse de
cohérence simple suffit de toute façon pour le second théorème, qui
n'énonce que la non-démontrabilité de l'énoncé de cohérence. J. B.
Rosser a donné en 1936 une démonstration du premier théorème
d'incomplétude sous la simple hypothèse de cohérence.
· Une théorie permet de formaliser l'arithmétique si, d'une part il est
possible de définir (en un sens qu'il faudrait préciser) les entiers
(donnés par 0 et la fonction successeur), avec les opérations usuelles,
au moins l'addition et la multiplication, et si d'autre part un certain
nombre d'axiomes sur les entiers sont prouvables dans la théorie. Les
axiomes de Peano conviennent, mais, pour le premier théorème
d'incomplétude une théorie arithmétique beaucoup plus faible suffit (la
récurrence n'est essentiellement pas utile). Pour le second il faut un
minimum de récurrence.
Conséquences immédiates du premier théorème d'incomplétude
On
peut reformuler le premier théorème d'incomplétude en disant que si une
théorie T satisfait les hypothèses utiles, il existe un énoncé tel que
chacune des deux théories obtenues l'une en ajoutant à T cet énoncé
comme axiome, l'autre en ajoutant la négation de cet énoncé, sont
cohérentes.
Étant donné un énoncé G, notons non G sa négation. On
montre facilement qu'un énoncé G n'est pas démontrable dans T si et
seulement si la théorie T + non G (la théorie T à laquelle on ajoute
l'axiome non G) est cohérente. En effet, si G est démontrable dans T, T
+ non G est évidemment contradictoire, et, réciproquement, de T + non G
est contradictoire, on déduit que G est conséquence de T (c'est le
raisonnement par l'absurde). Il est donc équivalent de dire qu'un
énoncé G est indécidable dans une théorie cohérente T, et de dire que
les deux théories T + non G et T + G sont cohérentes. L'énoncé G
n'étant évidemment pas indécidable dans chacune de ces deux théories,
on voit que la notion d'énoncé indécidable est par nature relative à
une théorie donnée.
Ainsi, si G est l'énoncé indécidable donné par le premier théorème
d'incomplétude pour T, on aura, en appliquant à nouveau ce théorème, un
nouvel énoncé indécidable dans la théorie T + G (et donc d'ailleurs
indécidable aussi dans la théorie T).
De fait, quand le théorème d'incomplétude s'applique à une théorie T,
il s'applique à toutes les extensions cohérentes de cette théorie, tant
qu'elles restent récursivement axiomatisables. Il n'y a aucun moyen
effectif de compléter une telle théorie. Il faut également noter que,
quelquesoit la théorie en jeu, l'énoncé obtenu est arithmétique, c'est
à dire qu'on peut l'exprimer dans le langage de l'arithmétique. Il
s'agit même d'un énoncé de l'arithmétique logiquement assez simple (en
un sens précis). Par exemple on obtiendra par le théorème de Gödel un
énoncé arithmétique qui sera indécidable dans la théorie des ensembles
de Zermelo-Fraenkel.
Conséquences immédiates du second théorème d'incomplétude
Il peut être utile pour comprendre l'énoncé du second théorème
d'incomplétude, de le reformuler par contraposée : Si T est une théorie
récursivement axiomatisable qui permet de formaliser "suffisament
d'arithmétique", et si T prouve un énoncé exprimant qu'elle est
cohérente, alors T est contradictoire. Par contre une théorie qui
démontre un énoncé exprimant qu'elle n'est pas cohérente, peut très
bien ne pas être contradictoire, comme on le déduit du second théorème
d'incomplétude lui-même ! Esquissons la preuve. Appelons coh(T) un
énoncé qui exprime la cohérence de T dans la théorie T. D'après ce qui
précède, le second théorème d'incomplétude affirme que, sous les
hypothèses utiles sur T, si la théorie T est cohérente, la théorie T'=T
+ non coh(T) est encore cohérente. Rappelons que " T n'est pas
cohérente ", signifie qu'il existe une preuve d'une contradiction dans
T. Une preuve dans T est aussi une preuve dans T' , qui a juste un
axiome supplémentaire. Il est donc simple de montrer dans une théorie
telle que T, qui satisfait les hypothèses du théorème de Gödel, que non
coh(T) a pour conséquence non coh(T'). On a donc déduit du second
théorème de complétude, et de l'existence d'une théorie cohérente T qui
satisfait les hypothèses de ce théorème -- prenons par exemple
l'arithmétique de Peano -- l'existence d'une théorie T' cohérente qui
démontre non coh(T'), à savoir un énoncé exprimant qu'elle n'est pas
cohérente.
A contrario une théorie incohérente, dans laquelle tous les énoncés
sont prouvables, démontrera évidemment un énoncé exprimant qu'elle est
cohérente.
On voit par ces diverses remarques que le second théorème
d'incomplétude ne dit rien en défaveur de la cohérence d'une théorie à
laquelle il s'applique, par exemple la cohérence de l'arithmétique de
Peano. Tout ce qu'il dit de cette dernière, c'est qu'elle ne peut se
prouver que dans une théorie logiquement plus forte.
La relativité de l'indécidabilité des énoncés
Le théorème ne prétend pas pour autant l'existence d'indécidables «
absolus », c'est-à-dire indémontrables dans n'importe quel système
formel. En effet, il est toujours possible d'ajouter un axiome à un
système formel dans le but de rendre un indécidable démontrable dans le
nouveau système.
On pourrait penser « s'échapper » du théorème d'incomplétude en
construisant un système formel où les indécidables seraient
progressivement « résolus » avec de nouveaux axiomes. Mais le nouveau
système ainsi créé remplirait encore les conditions des théorèmes de
Gödel, pourvu que ses axiomes soient en un sens calculables (liste
récursivement énumérable d'axiomes). Il comporterait alors lui aussi
des indécidables, et serait donc toujours incomplet. Ainsi, le théorème
de Goodstein est un énoncé arithmétique non prouvable dans
l'axiomatique de Peano de l'arithmétique. Néanmoins, il est prouvable
dans l'axiomatique de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel.
Mais cette dernière théorie possède ses propres indécidables.
On peut directement déduire du second théorème que la démonstration de
la cohérence de l'arithmétique en utilisant uniquement les axiomes de
l'arithmétique, sans utiliser par exemple les axiomes de l'infini et
les autres axiomes de la théorie des ensembles, comme l'avait suggéré
David Hilbert, est impossible. Mais la cohérence de l'arithmétique peut
tout de même être prouvée, de plusieurs façons.
Gerhard Gentzen a donné une preuve de consistance après avoir développé
des méthodes d'analyse des théories définies par récurrence et en se
fondant sur une induction transfinie jusqu'au petit ordinal dénombrable
ε0. Cette preuve met à profit toute la puissance du raisonnement par
récurrence mais elle raisonne toujours sur des ensembles « bien
construits ». Sans utiliser les méthodes de Gentzen, qui ont été
ensuite développées dans la théorie de la preuve, on peut donner une
preuve naturelle, simple, élémentaire, de la cohérence des axiomes de
l'arithmétique formelle en se servant de la théorie des modèles. Mais
cette preuve ne peut pas être formalisée à l'intérieur de
l'arithmétique formelle. Elle présuppose notre capacité à connaître les
ensembles infinis définis par récurrence et la validité générale du
principe d'induction complète. De tels présupposés reviennent à
reconnaître la validité de certaines constructions ensemblistes
élémentaires.
Cette preuve ne prouve donc pas la validité du principe d'induction
complète puisqu'elle la présuppose, mais elle prouve que la forme qui
lui est donnée dans l'arithmétique formelle est sans danger, qu'elle ne
peut pas conduire à une contradiction. Elle est convaincante dans la
mesure où on est déjà convaincu que les raisonnements sur certains
ensembles infinis sont valides. On peut s'échapper des conditions du
premier théorème d'incomplétude en adoptant comme axiomes toutes les
vérités de l'arithmétique formelle. Mais un tel système d'axiomes,
quoique très bien défini, ne peut pas être finiment axiomatisé, au sens
où aucun système finiment axiomatisé ne lui est équivalent - finiment
axiomatisé ne veut pas dire que le nombre des axiomes, c'est à dire les
formules initiales des preuves, est fini, mais que les principes des
axiomes sont en nombre fini : nombre fini de schémas d'axiomes, ou plus
généralement, liste infinie et récursivement énumérable d'axiomes. Mais
ce système est complet. On peut y prouver toutes les vérités
puisqu'elles sont toutes des axiomes.
Des exemples de systèmes incomplets et d'indécidables
Qu'une théorie soit incomplète n'est a priori pas étonnant. Il suffit
qu'elle ne contienne pas assez d'axiomes. Mais que l'arithmétique
formelle et les Principia Mathematica soient incomplets était beaucoup
plus étonnant. Dans le projet logiciste des auteurs des Principia, leur
système devait contenir tous les axiomes dont on a besoin pour toutes
les preuves mathématiques. Le problème de l'incomplétude s'était déjà
posé à propos de la géométrie. Jusqu'aux travaux de Gauss, de
Lobatchewsky, puis de Riemann, on pouvait croire que l'axiome des
parallèles pourrait être prouvé à partir des autres axiomes de la
géométrie euclidienne, qui définissent la géométrie absolue. En
cherchant des preuves de cet axiome, certains se sont rendus compte que
la négation de l'axiome des parallèles pouvait conduire à des résultats
intéressants. Cela a conduit aux développements des géométries
non-euclidiennes. Cela a montré que l'axiome des parallèles n'est pas
déductible à partir des autres axiomes d'Euclide. Autrement dit, la
géométrie absolue est incomplète. L'axiome des parallèles est pour elle
un indécidable. On peut le prouver (Beltrami 1868) en donnant un modèle
de la géométrie absolue (les droites sont les grands cercles d'une
sphère, les points sont les couples de points diamétralement opposés
sur la sphère) pour lequel tous les axiomes de la géométrie plane sont
vrais, sauf l'axiome des parallèles.
Le théorème d'incomplétude donne une méthode mécanique pour créer des
indécidables, si bien que les logiciens ont pu construire de nombreux
indécidables. Mais ces énoncés sont créés « artificiellement » et ne
répondent pas toujours à des interrogations réelles des mathématiciens.
Quand on se donne une théorie suffisamment riche en axiomes
(l'arithmétique formelle ou une théorie des ensembles), on pourrait
croire que les énoncés vrais mais non prouvables sont toujours des
formules très compliquées, construites avec des techniques logiques
paradoxales, qui n’interviennent jamais dans les mathématiques
couramment étudiées. Autrement
dit, on pourrait espérer que l’incomplétude est seulement marginale et
qu’elle ne concerne pas les questions mathématiques importantes. Mais
ce jugement est erroné, on peut donner de nombreux exemples.
Paul Cohen a prouvé qu’une conjecture de Cantor, l’hypothèse du
continu, n’est pas prouvable à partir des axiomes de la théorie ZFC des
ensembles. Cela seul suffit pour montrer que l’improuvabilité est une
question qui se pose vraiment.
Mais elle se pose aussi pour des
problèmes plus élémentaires. Nous allons voir qu'elle se pose à propos
des équations diophantiennes par exemple.
On peut donner un sens absolu à la notion d'indécidabilité, non à
propos des énoncés, mais des ensembles d'énoncés, ou problèmes. Un
ensemble d'énoncés est indécidable s'il n'existe pas de théorie
finiment axiomatisée qui permette de répondre pour tous les énoncés si
oui ou non ils sont vrais. On ne prétend pas qu'il y a des énoncés dont
la vérité ne peut pas être connue mais seulement qu'il n'existe pas de
méthode unique et mécanisable qui suffise pour répondre à toutes les
questions.
Les axiomes de l'arithmétique formelle, ou de toute autre théorie
finiment axiomatisée, ne suffisent pas pour la résolution de toutes les
équations diophantiennes (savoir si une équation algébrique à
coefficients entiers a des solutions en nombres entiers et si non, le
prouver). Le théorème de Matiyasevich dit que ce problème est
indécidable. Les axiomes de l'arithmétique formelle suffisent pour
trouver toutes les solutions, mais ils ne suffisent pas pour prouver
pour toutes les équations qui n'ont pas de solutions qu'elles n'en ont
pas. Autrement dit, il y a des formules arithmétiques composées d'une
unique équation diophantienne, niée, et précédée de quantificateurs
universels sur toutes ses variables, qui sont vraies mais qui ne sont
pas prouvables à partir des axiomes.
Un exemple célèbre d'équation diophantienne est le théorème de
Fermat-Wiles. On ne sait pas s'il est un énoncé indécidable de
l'arithmétique formelle, ayant été prouvé par Andrew Wiles dans la
théorie des ensembles.
Un autre exemple est les équations de Grégory Chaitin, qui ne possèdent
pas moins de 12000 variables, et qui possèdent soit une infinité de
solutions soit un nombre fini. Chaitin a montré que dans n'importe quel
système formel on ne peut résoudre qu'un nombre fini de ces équations,
les autres étant des indécidables du système en question.
D'autres exemples de problèmes indécidables sont donnés dans l'article indécidabilité.
La mise en cause du mouvement formaliste
Pour répondre aux problèmes de la crise des fondements des
mathématiques, Hilbert et ses élèves avaient espéré que des méthodes
formalistes apporteraient une réponse complète et définitive aux
problèmes des fondements des mathématiques, en donnant une procédure
mécanique, un algorithme, destiné à répondre à toutes les questions
formelles (voir Fondation des mathématiques).
On peut déduire du premier théorème d'incomplétude de Gödel que ce
programme de Hilbert n'est pas réalisable, du moins pas sous sa forme
initiale. On connait cependant de nombreuses théories décidables. Elles
ne suffisent pas pour toutes les mathématiques mais présentent parfois
un grand intérêt. Tarski a donné un algorithme de décision pour la
géométrie euclidienne élémentaire (la géométrie sans axiome sur la
continuité de l'espace).
Le théorème d'incomplétude en philosophie
· Souvent cité en philosophie. Il faut pourtant faire très attention à
son utilisation hors du champ des mathématiques, car l'utilisation du
théorème d'incomplétude doit être basée sur un système formel. De plus,
comme nous l'avons dit, des indécidables absolus n'existent pas, si
bien que toute tentative de démontrer par exemple que l'existence de
Dieu est un indécidable absolu serait vaine.
· Les théorèmes d'incomplétude montrent qu'il n'est pas possible de
donner une liste finie et formalisée de tous les principes à partir
desquels on peut développer une preuve mathématique. On peut toujours
imaginer d'aller au-delà de ce qui est permis par les axiomes. Ces
théorèmes montrent que l'imagination déborde tous les cadres. (voir
incomplétude)
· On les interprète parfois comme des signes d'impuissance de la
raison. Cette interprétation doit être prise avec précaution. Ces
théorèmes manifestent la puissance de l'imagination et la capacité de
la raison à reconnaître ses limites, à reconnaître son incapacité à
enfermer l'imagination dans des limites fixées une fois pour toutes,
comme un cheval dans un enclos trop petit. En outre ils ne mettent pas
en doute la possibilité de connaître tous les principes logiques
valides (voir théorème de complétude), si l'on limite la logique au
calcul des prédicats du premier ordre.
Une preuve partielle du premier théorème d'incomplétude
La
preuve du premier théorème d'incomplétude de Gödel est, comme celle du
théorème d'incomplétude de Tarski, fondée sur le paradoxe du menteur.
Les énoncés paradoxaux sont produits par une technique logique très
générale qui consiste à représenter les formules d’une théorie T par
des objets de T. C’est possible dès que T contient les nombres entiers
positifs parmi ses objets. Gödel et ses successeurs ont inventé des
techniques de codage, de numérotation, qui permettent de représenter
n’importe quelle formule par un entier, de telle façon que chaque
entier représente au plus une formule.
Gödel a alors inventé la notion de prédicat de prouvabilité. Un
prédicat de prouvabilité pour une théorie T est une formule à une
variable x qui est vraie si et seulement si x représente un théorème de
T, c’est-à-dire une formule démontrable à partir des axiomes de T.
Gödel a prouvé qu’une théorie mathématique T vraie et suffisamment riche remplit la condition suivante.
Pour toute théorie axiomatique récursivement axiomatisable T', il
existe dans T un prédicat de prouvabilité pour T'. En particulier, T
contient un prédicat de prouvabilité pour elle-même. Même
l’arithmétique formelle est capable de représenter ainsi toutes les
théories axiomatiques. En ce sens on peut la voir comme une théorie
universelle. Il suffit de savoir raisonner sur les nombres pour définir
toutes les théories concevables. Les nombres peuvent être considérés
comme les atomes, les principes premiers de la raison, au sens où tout
le reste peut être construit à partir d’eux. Il y a quelque chose de
pythagoricien, tout est nombre, dans cette approche gödelienne des
mathématiques. A l'époque actuelle, quiconque connait un peu
d'informatique n'a aucun mal a imaginer que l'on puisse représenter les
énoncés d'une théorie par des nombres. La difficulté réside dans les
restrictions du langage : une théorie du premier ordre avec
essentiellement l'addition et la multiplication comme symboles de
fonction. C'est la difficulté que Gödel résout pour montrer l’existence
d’un prédicat de prouvabilité.
A partir du théorème de Tarski et de l’existence d’un prédicat de
prouvabilité on peut déduire une forme faible du premier théorème
d’incomplétude de Gödel, restreint aux théories du premier ordre qui
ont pour modèle les entiers usuels.
Tarski a utilisé une preuve analogue à celle de Gödel. Il suppose, en
vue d'obtenir une contradiction, l'existence d’un prédicat de vérité,
alors que Gödel utilise un prédicat de prouvabilité Px dont il a montré
auparavant l’existence, ainsi que celle du prédicat de substitution
SUBxyz. (voir théorème d'incomplétude de Tarski).
Gödel considère alors la formule (il existe un z tel que SUBxxz et non
Pz). Elle est représentée par un nombre n de T. Il y a aussi un autre
nombre KG tel que SUBnn(KG). n et (KG) sont des nombres bien définis
que l’on peut calculer dès que les axiomes de T et le procédé de
représentation des formules de T par des nombres sont précisément
définis.
Le nombre KG représente-t-il une formule prouvable ?
La formule représentée par KG dit que le prédicat représenté par n est
vrai pour n. Le prédicat représenté par n est vrai pour x si et
seulement s’il existe un z tel que SUBxxz et non Pz. La formule
représentée par KG est donc équivalente à (il existe un z tel que
SUBnnz et non Pz) par définition de KG. Or SUBnnz équivaut à z=(KG).
Donc par définition de KG, la formule représentée par KG équivaut à non
P(KG).
Autrement dit la formule représentée par KG dit d’elle-même qu’elle n’est pas prouvable.
Si on suppose que T est cohérente alors la formule représentée par KG
est nécessairement vraie, parce que si elle ne l’était pas, alors elle
serait prouvable, T permettrait de prouver une formule fausse et ne
serait donc pas cohérente.
Si T est cohérente KG représente un énoncé indécidable de T. La partie
longue de la démonstration de Gödel consiste à définir un prédicat de
prouvabilité à l’aide d’une représentation des formules par
numérotation. Après les découvertes de Church, Post et Turing, les
résultats de Gödel sur la prouvabilité s’inscrivent dans un contexte
plus général, celui des ensembles énumérables. L’ensemble des
théorèmes, ou formules prouvables, d’une théorie finiment axiomatisée
est toujours énumérable.
Argument de la preuve et discussion du second théorème d'incomplétude
Le second théorème d’incomplétude de Gödel affirme que toute théorie
mathématique cohérente et suffisamment riche ne peut pas prouver sa
propre cohérence. Autrement dit, n’importe quelle technique
théorique, qu’elle soit ensembliste ou autre, ne permet jamais de
définir une théorie capable de prouver sa propre cohérence, dès lors
qu’elle est suffisamment riche pour formaliser l’arithmétique formelle.
La preuve du second théorème est difficile à formaliser mais elle suit assez directement celle du premier.
Si une théorie pouvait prouver sa propre cohérence, c’est qu’elle
contient un prédicat de prouvabilité P et le théorème, pour tout x, si
x représente une contradiction alors non Px.
Gödel a montré que les théories qu'il étudie permettent de prouver ·
P(KG implique x), pour n’importe quelle contradiction représentée par
x, ------- où (y implique z) est la représentation de la formule qui
affirme que la formule représentée par y implique la formule
représentée par z.
· si P(y implique z) alors (si Py alors Pz).
On en déduit que si (non Px) était prouvable pour une contradiction
représentée par x, alors non P(KG) le serait aussi. Mais ce dernier
énoncé équivaut à la formule représentée par KG et la théorie serait
contradictoire.
Si la théorie est cohérente, non Px ne peut donc pas être prouvable,
pour n’importe quelle contradiction représentée par x. Ces théories, si
elles sont cohérentes, ne peuvent donc pas prouver leur propre
cohérence.
Les interprétations courantes du second théorème d’incomplétude de
Gödel exagèrent souvent sa portée. Gödel a prouvé qu’un certain type de
preuve de cohérence ne peut pas exister. Mais il n’a jamais prouvé, ni
prétendu avoir prouvé, que des preuves fiables de cohérence sont
impossibles.
On propose parfois le raisonnement suivant : la cohérence d’un système
X d’axiomes ne peut pas être prouvée avec X. Il faudrait donc un
système X+ d’axiomes plus fort que X pour prouver la cohérence de X.
Mais la cohérence de X+ serait encore plus douteuse que celle de X,
puisqu’il est plus fort. Ce doute invaliderait la preuve. On en conclut
parfois à tort que la cohérence des théories mathématiques suffisamment
riches ne peut pas être prouvée.
Le raisonnement précédent n’est pas complètement dénué de vérité, parce
que le problème de la fiabilité des principes se heurte aux difficultés
de la régression à l’infini. À partir de quels principes peut-on
prouver la validité des principes ?
Mais le raisonnement ci-dessus ne peut pas non plus être complètement
vrai. La cohérence d’un système X d’axiomes est un problème
mathématique bien défini. Ou bien il y a une conjonction d’axiomes de X
dont la négation est une loi logique, dans ce cas X est incohérent, ou
bien non, et X est cohérent. Dans la phrase précédente, toutes les
notions (axiome de X, loi logique) peuvent être définies avec
précision. Il s’agit donc d’un problème bien défini.
Il n'y a aucune raison valable qui nous permette de penser qu’un
problème bien défini puisse être néanmoins insoluble. Les théorèmes sur
l’incomplétude et l’indécidabilité portent seulement sur l’inexistence
d’une méthode unique et bien définie pour répondre à toutes les
questions bien définies.
S’il fallait admettre que la régression à l’infini rend insoluble le
problème de la fiabilité des principes alors même les méthodes les plus
élémentaires devraient être suspectées. On ne pourrait même pas
être sûr que les opérations arithmétiques d’addition et de
multiplication fournissent toujours un résultat bien défini. L’erreur
dans le raisonnement ci-dessus consiste à admettre que la cohérence de
X+ est plus douteuse que celle de X. Tant qu’on se limite à des théories élémentaires, on n’a en vérité pas de doutes sur la validité de nos principes de preuve.
Les doutes sur la fiabilité des principes et le problème de la
régression à l’infini peuvent être résolus si l’on étudie attentivement
la différence entre ce qui est élémentaire et ce qui ne l’est pas en
mathématiques.
Sources
· Jean-Paul Delahaye, L'intelligence et le calcul - Belin pour la science, 2002 - ISBN 284245040X
· Jean-Marc Alliot, Thomas Schiex, Pascal Brisset, Frédérik Garcia,
Intelligence artificielle & informatique théorique - Cepadues, 2002
- ISBN 2854285786
· Douglas Hofstadter, Gödel, Escher, Bach, les brins d'une guirlande éternelle - Dunod, 2000 - ISBN 210005435X
· Raymond Smullyan, Quel est le titre de ce livre ? - Dunod, 1993 - ISBN 210002003X
· Raymond Smullyan, Ca y est, je suis fou - Dunod, 1993 - ISBN 2100019635
· Raymond Smullyan, Les énigmes de Sheherazade - Flammarion, 1998 - ISBN 2080355643
· Raymond Smullyan, Les théorèmes d'incomplétude de Gödel - Dunod, 2000 - ISBN 210005287X, Theory of formal systems
· William Poundstone, Les labyrinthes de la raison - Belfond, 1998 - ISBN 2714425666
· Kurt Gödel, Collected works vol 1
· Martin Davis (éd) The undecidable (recueil des principaux articles de Gödel, Church, Turing, Rosser, Kleene, Post)
· Yann Ollivier, Le théorème de Gödel et ses non-interprétations
